Tout savoir sur la pêche à la mouche

Tout savoir sur la pêche à la mouche

La pêche à la mouche consiste à présenter à un poisson se nourrissant d‘insectes , l’imitation d’une mouche ou autres insectes naturels  pris par le poisson au moment où on le pêche . Lorsque le poisson prend les insectes à la surface de l’eau , on dit qu’il gobe , ce qui se traduit par des ronds à la surface comme lorsqu’on lance un caillou , on le pêche alors à l’aide d’une mouche artificielles flottante que l’on appelle mouche sèche par opposition à la mouche noyée , pêche dans laquelle les mouches artificielle sont présentées sous l’eau  . On nomme ces insectes des mouches par pure commodité de langage , car en faite la plupart n’ont pas vraiment de point commun avec les mouches que nous connaissons et que l’on croise un peu de partout . Les mouches de pêches sont en faite des insectes d’origine aquatique ou bien d’origine terrestre .

Les insectes d’origine aquatique sont nombreux . Ils constituent surtout une population dont les débutants et non pêcheurs sous-estiment l’importance quand ils ne vont pas jusqu’à en ignorer complètent l’existence . Or ces insectes dont les stades larvaires sont aquatiques se comptent en dizaines de familles regroupées dans quatre ordres majeurs:

Les éphémères ( éphéméroptères )

– Les mouches de Pierre ( plécoptères )

– Les phryganes ( trichoptères )

– Les libellules ( odonates )

D’autres ordre comme tels que les diptères , les coléoptères , les névropères comptent des familles dont une partie du développement seulement se fait dans l’eau . C’est le cas des chironomes et de la mouche de l’aulne .

Se sont donc ces insectes que dévorent les truites à tous les stades de leur développement . C’est-à-dire à l’état de larve , puis à celui de nymphe quand l’insecte entreprend son voyage vers la surface en se transformant , à celui , baptisé émergent ou sibimago , qui précède immédiatement la parution , ailes déployées sur le fil de l’eau ( imago ) , à celui encore de l’insecte agonisant au retour de sa courte vie atmosphérique et amoureuse , les ailes déployées sur  l’eau ( spent ) , à celui enfin de sa dépouille emportée par le courant ( mouche noyée ) .

Le problème pour nous , pêcheur , est que ces insectes sont fragiles et d’un poids infime . Il est donc inutile d’imaginer les lancers ou bien même tout simplement d’essayer de les faire tenir sur un hameçon . C’est donc de là qu’est venu l’idée ( qui daterait de l’antiquité ) de les imiter avec des plumes et ainsi est née la pêche à la mouche.  Tout d’abord en pêchant sous la canne , mais avec des insectes artificiels , puis en ayant l’idée de propulser ces leurres ultralégers par le moyen d’un ensemble canne-ligne manié comme le font les cochers avec leur fouet .

Le but étant que la mouche se pose sur l’eau avec toute la légèreté et la délicatesse auxquelles les vrais insectes ont habitué les poissons , cette façon de se poser étant l’une des clés de la réussite . C’est donc pour cela que le matériel du pêcheur à la mouche , de la canne au bas de ligne est conçu pour parvenir à ce résultat .

Mais qu’en est t-il des insectes alors ? Comment savoir puisqu’ils y en a des centaines , lesquels mangent les truites au moment où un gobage a lieu ?

Le pêcheur doit observer et comprendre le genre d’insecte dont se nourrit la truite et lui proposer l’artificielle qui s’en rapproche le plus  . Une fois arrivé à ce stade deux écoles s’affrontent : celle de la mouche exacte ( qui essaye au mieux d’imiter parfaitement l’insecte ) et celle de la mouche dite d’ensemble qui ne ressemble pas vraiment à l’insecte pour des yeux humains , mais dont la position dans l’eau et les traits mêmes grossiers , trompent le poisson .

Entre les deux écoles , il semble bien que celle de la mouche d’ensemble l’a définitivement emporté sur l’autre qui appartient dorénavant à la catégorie des mouches qui prennent plus de pêcheurs que de poissons .C’est d’ailleurs à ce titre que sa carrière se résume aujourd’hui aux concours de montage de mouches dont les vainqueurs produisent de véritables petits bijoux .

La pêche à la mouche est  la pêche sportive par excellence . Il faut se déplacer , observer , le matériel est fin et léger et son usage demande habileté et précision . De plus les possibilités de no kill , c’est-à-dire le fait de remettre un poisson à l’eau dans de bonnes conditions , pour qu’il conserve le maximum de chances de survie , sont les meilleures qui soient , comparées à toutes les autres techniques .

C’est aussi le mode de pêche le plus enrichissant , celui qui amène le pêcheur à se pencher sur l’eau et à en connaitre la vie : les herbiers , les différents biotopes , le rythme d’éclosion des insectes , leurs différenttes espèces , leur biologie , les divers poissons gobeurs … bref une approche globale des rivières .

C’est donc une activité très complète en même temps que ludique , une chasse des poissons comprise comme un jeu puisque , en dernier ressort , le but du pêcheur à la mouche est de les tromper avec un assemblage de plumes et de poils ( la mouche artificielle ) qu’il faut faire accepter comme si c’était une véritable mouche naturelle , et c’est là que réside tout l’art du pêcheur à la mouche .

Un art des plus modernes , car il fait appel aux matériaux les plus sophistiqués , fibre de carbone , de magnésium , polypropylène , borron ,  etc .. , mais qui s’inscrit dans une tradition très ancienne .

Le matériel pour la pêche à la mouche

S’équiper pour pêcher à la mouche n’est pas commode . L’offre de matériel est importante et il est souvent compliqué de faire son choix entre différents produits dont les caractéristiques sont incompréhensible pour le débutant . Là encore , les conseils peuvent venir du vendeur . Toutefois assurez-vous , dans un magasin généraliste , qu’il est averti des choses de la mouche ( il est bien possible qu’il ne le soit pas toujours malheureusement ) . Pour le reste , voici trois recommandations qui pourront vous êtres utiles .

1) Choisissez une canne , un moulinet , et une soie ( plutôt synthétique pour débuter ) en fonction de l’endroit où vous allez pêcher . Pour le réservoir l’ensemble sera plus puissant ( canne de 9 pieds pour soie n°7 ). Pour la rivière , contentez-vous d’une 8.5 ou 9 pieds pour soie de 5 .

2 ) Comme toujours je vous conseille de vous méfiez du bas de gamme . Généralement ce type de matériel risque de vous dégouttez plus que se qu’il ne vous aidera et fini assez vite à la poubelle .

3) Faites des recherches sur internet concernant le matériel qui vous intéresse , les sites , blogs , groupes sur les réseaux sociaux sont nombreux et  toutes ces personnes vous donneront surement des réponses intéressantes .

Les cannes pour la pêche à la mouche

Canne à mouche

Pour la pêche à la mouche vous avez le choix entre plusieurs matériaux entrant dans la fabrication des cannes à mouche . les plus courants sont le bambou refendu et  la fibre de carbone .

Le bambou refendu , matériau le plus anciennement employé à être encore utilisé , connait un regain de popularité . Il permet de faire des cannes remarquables , très belles et qui offrent une qualité d’action difficilement approchée par les matériaux plus modernes . Relativement lourde , les cannes en refendu sont fragiles et nécessitent un certain entretient . On doit parfaitement les sécher avant de les ranger dans leur étui , il faut veiller à la parfaite intégrité du vernis qui les recouvre , sans quoi la colle qui lie entre elles les différentes baguettes de bambou pourrait s’altérer . Enfin , tant que vous ne possédez pas complètement le gestes du lancer , vos maladresses pourraient porter préjudice au nerf de la canne et l’abîmer irrémédiablement . Pour toutes ces raisons , les cannes en refendu ne sont pas conseiller aux débutants , d’autant qu’elles sont chères à l’achat . Plus tard , peut être quand ils seront suffisamment aguerri , ils pourront s’offrir un de ces véritables objets d’art sans lequel une carrière de moucheur n’est jamais tout à fait aboutie .

Actuellement , la fibre de carbone  représente sans conteste le meilleur matériau . Légère , dotée d’un nerf incomparable , d’ailleurs cette matière lui offre le plus grand choix tant en ce qui concerne les longueurs que les types d’action ou encore la finition . Elle est donc conseillée a ceux qui débutent et veulent que leur première canne soit une bonne canne .

Choisir une bonne canne est le premier acte important du pêcheur s’il veut bien démarrer dans la pêche à la mouche.Ne choisissez jamais une canne de mauvaise qualité sous prétexte qu’elle est moins chère , ce qui n’est pas toujours le cas , en se disant que pour débuter on a pas besoin d’un bon matériel ; c’est plutôt le contraire qui se révèle vrai . Un bon pêcheur peut toujours sans sortir avec une mauvaise canne , pas un débutant qui aura des difficulté à lancer correctement . De plus , si vous y arrivez , vous aurez très vite besoin d’une canne plus performante et vous rejetterez votre ancienne canne alors que vous vous servirez toujours d’une canne de bonne qualité .

Les cannes à mouches sont en général longues de 6 à 10 voir 11 pieds ( 1.80 m à 3 mètres environ ) , la bonne longueur pour débuter se trouvant entre 8′ et 9′  .

La puissance d’une canne est repérée par des numéros généralement marqués sur le talon de la canne juste au-dessus de la poignée . Elle exprime sa capacité à lancer un certain poids . De très douce ( n°2 ) à très puissante ( n°8) , le choix est vaste ; il faut s’en tenir à des puissances de 4 à 6 pour toutes les pêches normales , en utilisant les soies correspondantes quand on débute .

L’action d’une canne est indépendante de sa puissance , elle caractérise sa manière de travailler et le plus ou moins grand laps de temps que met la canne à se redresser après une flexion . Il y a trois grands types d’actions :

-L’ action lente  ou anglaise , qui n’existe pratiquement plus .

– L’action américaine ou rapide , préférée de certains pêcheurs qui savent bien l’utiliser , les cannes de ce types demandent une bonne maîtrise du lancer pour être pleinement  efficaces .

-L’action moyenne , parfois dénommer parabolique , intermédiaire entre les deux précédentes . Les cannes d’action moyenne sont les plus utilisées et les plus aptes à faciliter les débuts du pêcheur à la mouche .

Les matériaux issus de la recherche spatiale et aéronautique comme la fibre de carbone et , à un degré moindre , le bore ont révolutionné la fabrication des cannes à pêches . Ils sont résistants , très légers , et d’une bonne rigidité compte tenu de leur faible poids .

Ce dernier point est très important , car il conditionne l’action de la canne , car la plupart des cannes en carbone ont des actions de pointes rapides qui , une fois maîtrisées , sont gage d’une grande efficacité .

Une bonne façon de connaitre l’action et le nerf de la canne sera d’en appuyer le scion de manière  progressive contre un obstacle . L’essentiel de la courbure doit s’y faire dans la partie supérieure du scion . Ce qui n’empêchera pas votre canne de se courber sous le poids d’un poisson selon le principe de progressivité .

Vous devrez également observer le comportement des pièces de carbone ( ce que l’on a tiré de la tige de carbone brut le “blank” ) quand vous imprimerez à la canne horizontalement placée des mouvements latéraux et verticaux . Si à la suite de cette manipulation le scion parait vouloir s’émanciper du reste de la canne par une oscillation inverse à celle du talon , vous devrez considérer que cette canne est mal équilibrée .

Enfin la poignée , quelle que soit sa forme , devra convenir à votre main . Cette dernière agrippant la canne comme une poignée de moto , le pouce ou l’index verrouillant la prise .

Si vous débutez dans la pêche à la mouche et que vous vous apprêtez a acheter votre première canne, je vous conseille , une canne en fibre de carbone , de 8.6 ‘ ( environ 2 mètres 60 ) , d’action moyenne et de puissance 4 à 6 , l’idéal étant qu’elle puisse lancer une soie n°5 .

La soie pour la pêche à la mouche

Les lignes traditionnelle pour la pêche à la mouche sont en soie naturelle . Elles sont plus denses et plus discrètes que les soies synthétiques . Elles permettent de pêcher très fin mais on deux inconvénients : elles sont chères et doivent être mises à sécher puis graissées après emploi .

En fait les sois synthétiques ont considérablement simplifié la vie des pêcheurs . Certes elles s’usent plus rapidement que les naturelles , mais elles demandent aussi beaucoup moins d’entretien.

Leur numéro indique leur poids ( ultra light pour le 1 , ultra-lourd pour le 12 ) . Sur l’emballage des lettres vous diront à quel profil elles appartiennent et si elles sont destinées à flotter ou à couler plus ou moins . Ainsi :

L  (level) signifie parallèle et donc que la soie possède la même section sur toute sa longueur . Comme une soie naturelle . Permet des poser très délicats. Inconvénients : requiert une bonne patience

 WF ( weight forward ) . Le poids de la soie est concentré d’un coté . Donne de la puissance aux shoots . Bien adaptée aux actions de pointe .  Fuseau décalé .

– TT ( triangle taper ) . Même principe amélioré , ajoute la rapidité de mise en action à la puissance du shoot final .

Shooting head ou shooting taper ( ST ) .  Contrairement aux autres soies qui mesurent de 25 à 30 mètres , la shooting head est très courte ( moins de 10 mètres ) mais assez lourde pour emporter le backing sur une longue distance lors du shoot final . Plutôt réservée aux gros poissons ( saumons , truites de mer , tarpons ).

DT ( double taper ) a deux pointes . Elle est donc réversible . Je la conseillerais pour vos débuts , car elle est d’usage aisé . Double fuseau .

F ( floating ) . C’est assurément la soie de vos débuts . Il sera bien temps  ensuite et selon les conditions de pêche d’utiliser des I  ( Intermédiat ) idéales pour pêcher en noyée mais qui pêchent aussi en sèche pour peu qu’on les graisse , des ( sinking ) 1 , 2 , 3 qui coulent plus ou moins rapidement selon leur numéro , ou encore des ST ( sinking tip ) dont seule la pointe est plongeante .

Pour propulser la mouche qui ne pèse rien à distance , il faut quelque chose susceptible de mettre en action le ressort de la canne : c’est le rôle dévolu à la soie ou ligne à mouche . Celle-ci pèse un certain poids qui doit correspondre aux caractéristiques de la canne ; en pratique , il suffit de choisir une soie d’un numéro correspondant à celui qui est marqué sur la canne .

S’il y en a deux , choisissez le numéro le plus élevé si vous débutez , cela vous permettra de mieux sentir travailler la canne . Malgré l’agrément que peuvent procurer les lignes en soie naturelle , il vaut mieux utiliser à vos débuts les lignes synthétiques auto-flottantes , elles  sont moins chères et plus faciles à utiliser .

Les lignes a mouche se font en trois profils différents : Parallèles , double fuseau , et fuseau décalé

– Les parallèles ne sont plus guère utilisées , mais peuvent êtres utiles en petit numéro pour les pêches de torrent .

– Les doubles fuseaux sont les plus utiles , elles procurent les lancers les plus agréables et les posés les plus doux . Si les conditions de pêche sont normales , elles sont à préférer , d’autant plus qu’elles s’adaptent parfaitement aux cannes d’action moyenne . Toutefois , elles ne permettent pas d’atteindre les distances obtenues avec les suivantes .

– Les fuseaux décalés présentent une fuseau et donc un poids décalé vers l’avant suivi d’une partie parallèle assez fine . Elles percent mieux le vent et atteignent de plus grandes distances que les lignes en double fuseau . Elles nécessitent des cannes d’action plus rapide que la normale pour être vraiment efficaces .

Par exemple 

DT 5 F correspond à une soie double fuseau n°5 flottante .

WF 4 S correspond à une soie à fuseau décalé plongeante n°4.

Avec la canne définie plus haut , c’est une soie DT 5 F qui conviendra le mieux au débutant . Je le répète , l’équilibre canne-soie doit absolument être respecté . Les deux forment un couple indissociable . A une canne donnée correspond un numéro de soie donné . Une canne faite pour lancer une soie 4 ou 5 acceptera difficilement une 3 ou une 6 . Il est possible lorsque vous serez devenu de bon lanceur , d’utiliser une soir plus légère que celle préconisé par le constructeur , mais il vaut mieux s’en tenir aux indications portées sur la canne .

Les soies à mouche doivent donc être :

– Flottante pour les mouches sèches .

– Intermédiaire ( il faut les graisser pour qu’elles flottent ) pour la sèche ou la noyée en les employant  non graissées .

– Plongeante pour la noyée ou le streamer .

 De plus les choisir de couleur claire vous aidera à mieux les voir et c’est une aide non négligeable lorsque vous débutez .

Moulinet pour la pêche à la mouche

Moulinet à mouche

Vous aurez le choix entre plusieurs types de moulinets . Automatiques , semi-automatiques et manuels. Les moulinets automatiques ont eu leur age d’or  . Conçus par le même homme , ils fonctionnent sur le même principe d’un ressort que remonte le fait de sortir de la soie  et qu’une gâchette détend quand il s’agit de la faire rentrer .

Ces moulinets sont aujourd’hui des trésors que s’arrachent les collectionneurs . Très utilisé encore , le semi-automatique type Vivarelli où une gâchette actionne le système de récupération de la soie . Paradoxalement , c’est la simplicité des moulinets manuels qui a aujourd’hui la faveur de la plupart des pêcheurs . Ils sont simple et légers , ont des systèmes de freinage plus efficaces et surtout possèdent des bobines dites à” large harbour ” qui évitent les emmêlages , se démontent facilement et acceptent d’importantes réserves de fil ( le backing ) . Enfin , ces moulinets type Loop sont de tailles différentes en fonction du poisson que vous voulez pêcher .

Contrairement à la pêche au lancer , le moulinet est plus un accessoire qu’une pièce maîtresse de l’équipement , non pas qu’il soit facultatif , il est bien sur indispensable , mais son choix est libre . Il y en a plusieurs sortes .

Le manuel , pour lequel j’ai une très nette préférence , a l’avantage d’être très simple , fiable et léger . Il ne pose aucun problème d’entretien . Il faut veiller à ce qu’il soit solide et ne dépasse pas une centaine de grammes . La bobine doit être d’un diamètre au moins égal à 7 cm pour avoir une vitesse de récupération suffisante et pour éviter à la soie de trop tire-bouchonner . Les moulinets ” large harbor “ résolvent ce problème . Le guide ligne doit être d’excellente qualité afin de ne pas abîmer la soie .

Les manuels à démultiplication ont l’avantage d’offrir une récupération plus rapide , mais ils sont nettement plus lourds et ont une contenance plus importante ; on peut les réserver à la pêche des gros poissons avec des cannes courtes ou moyennes de puissance normale . Ils sont plus ennuyeux qu’autre chose .

Bien qu’ils puissent avoir leur utilité en certaines circonstances ( coup du soir , pêche depuis la berge ) , les automatiques sont à déconseiller en raison de leur lourdeur excessive et de leur relative fragilité . Néanmoins , il existe certains moulinets dits semi-automatiques qui offrent une récupération très rapide tout en restant relativement léger , le rappel de la ligne ne se fait plus par ressort mais par l’action du doigt sur un levier ; ils peuvent être intéressants .

Le choix du moulinet est donc une question de gout , mais il reste qu’en matière de pêche à la mouche , comme souvent d’ailleurs , la simplicité reste payante et le confort de pêche déterminant . Pêcher , se concentrer sur une belle truite que l’on voit gober exige d’avoir l’esprit libre et le bras disponible . A quoi sert d’avoir fait des cannes légères , 60 à 80 G en moyenne , pour les équiper de moulinets qui dépassent allègrement la demi-livre ?

Les bas de ligne pour la pêche à la mouche

Le bas de ligne relient la partie terminale de la soie à la mouche en prolongeant la fuseau de la soie . Ils sont donc de diamètre décroissant , on dit en queue de rat , et s’amincissent progressivement jusqu’à leur pointe à laquelle on attache la mouche . Qu’ils soient avec ou sans nœud , ils sont maintenant nettement supplantés par les bas de ligne tressés ou , encore , mieux , tissés .

Apparus depuis quelques années , ils présentent un progrès important par rapport a leurs prédécesseurs en mono-filament .Ils se déploient très bien au cours du lancer et du poser , ils posent la mouche de façon remarquable . D’une étonnante souplesse , ils ne provoquent pas de cassure de l’action entre la soie et le bas de ligne si vous avez soin de les choisir d’un numéro correspondant à celui de la soie que vous utilisez .

Enfin leur système d’aboutage à la soie est plus simples ; comme ils sont creux ( ils se présente comme un tube conique en très fin nylon tissé ) , il suffit de glisser à l’intérieur 1 ou 2 cm de la pointe de la pointe de la soie et de coller le tout à l’aide d’une colle cyanoacrylate : efficace , solide et sur . De plus ce montage est celui qui passe le mieux dans l’anneau de pointe de la canne et supprime une sur épaisseur dans laquelle la mouche a parfois tendance à s’accrocher lors du lancer .

La partie tissé de ces bas de ligne est en queue de rat d’un seul tenant . Longue d’environ 2 mètres , elle doit être prolongée de quelques brins de monofilament   normal et de diamètre dégressif jusqu’à la pointe à laquelle vous accrocherez la mouche .

Vous avez tout intérêt à prévoir cette pointe assez longue ( 0.8 m au début , quitte à la rallonger quand par la suite ,  vous lancerez convenablement ) .En effet , plus la pointe est longue , meilleur sera le posé , le dragage de la mouche sera retardé et cela évitera d’en changer trop souvent après seulement quelques changements de mouche qui , inévitablement , la raccourcissant .

Certain pêcheurs , pour des raisons d’efficacité , utilisent des pointes atteignant plusieurs mètres de long . Inutile de dire qu’il faut avoir atteint soi-même une bonne maitrise du lancer pour contrôler correctement ces très longs bas de ligne . En outre il faut des circonstance particulières pour qu’ils soient pleinement utiles . En pratique pour débuter , un bas de ligne qui fait entre une fois et une fois et demie la longueur de la canne est tout à fait suffisant avec une pointe d’au moins 80 cm de long .

Comme entre la soie et la canne , il y a un équilibre à respecter entre le diamètre de la pointe du bas de ligne et la taille de la mouche employée . Si vous voulez utiliser une mouche montée sur un hameçon assez gros tel qu’un n° 12 avec une pointe fine , votre pointe vrillera très rapidement et votre mouche ne se posera plus correctement .

D’autre part , plus l’hameçon est gros , plus le ferrage nécessaire pour l’enfoncer dans la gueule du poisson doit être appuyé :  vous courrez donc le risque , avec une grosse mouche montée sur pointe fine , de casser au moment du ferrage  ; c’est d’autant plus ennuyeux que cela se produit  généralement sur des belles truites . A l’inverse , une petite mouche ( n° 16 ) montée sur un gros bas de ligne ( 20/100 par exemple ) sera inopérante ; elle se présentera mal , de façon très peu naturel , bridée qu’elle est par la trop forte raideur de la pointe . C’est une des raisons majeures pour laquelle les poissons refusent les artificielles .

Cette harmonie entre diamètre de la pointe et taille de la mouche est absolument nécessaire si vous voulez mettre toutes les chances de votre coté .

Ci dessous  je vous présente les correspondances a respecter entre la mouche et la pointe . Valable la plupart du temps , il peut être légèrement décalé vers le bas ou le haut dans certaines conditions .

Taille de la mouche et diamètre de pointe .

20 et moins ……..   Ø 10/100               14………………………… Ø 14-16/100

18……………………. Ø 10-12/100           12…………………………Ø 16-18/100

16……………………. Ø 12-14/100            10……………………….. Ø 18-22/100

Les bas de ligne du commerce seront donc soit d’un seul élément tronconique ( dont la section rétrécit progressivement ) jusqu’à la pointe depuis 40/100 jusqu’à 12 , 14 ou 16/100 , soit de plusieurs sections de fil de 40 à 50 centimètres et de 40 à 18/100 aboutés selon le même  principe de dégressivité . Votre bas de ligne sera surement l’un de cela . Petit conseil rajoutez ( lorsque vous vous sentirez près ) si vous le désirez , à la fin de la dernière section de 18/100 entre 1.20 m et 1.50 m en pointe dans l’épaisseur choisie ( entre 10 et 16/100 ) .Vos ” poser  ” n’en seront que plus détendus et votre mouche pêchera plus longtemps .

Vous pouvez aussi très vite fabriquer vos bas de ligne , il vous suffit en effet d’apprendre le nœud du chirurgien et de régler  vos coupes de nylon pour que les fils , une fois noués , respectent les longueurs indiquées .

Le raccordement du bas de ligne est aussi très important , plusieurs systèmes sont proposés dans le commerce ( boucles , ” chaussettes ” ) , qui tous présentent l’inconvénient de mal passer dans l’anneau de tête de la canne . Vous serez bien plus efficace en faisant passer  votre 40/100 par le chas d’une aiguille sur 3 ou 4 millimètres dans l’extrémité de la soie , en la faisant ressortir pour faire passer assez de gros fil pour réaliser un nœud de hampe d’hameçon  . Un point de colle consolidant le tout . La ligature ainsi réalisée glissera sans problème dans les anneaux.

Gros poissons au streamer , une pointe courte mais solide .

Qu’ il s’agisse de saumons , de truites  de mer , voire de truites de début de saison, le bas de ligne sera constitué de deux brins assez courts, 1 mètre et 80 centimètres , qui seront liés boucle dans boucle afin qu’il soit facile d’intercaler , s’il est nécessaire de pêcher plus ” creux ” ( plus profond ) , une section de nylon plombé .

La partie reliée à la soie sera en 45/100 et la pointe pourra varier de 20 à 40/100 selon ce que vous pêcherez .

Les accessoires pour la pêche à la mouche

Il n’y a pas de pêche qui n’entraîne le besoin et la possession de multiples accessoires ; la pêche à la mouche moins que tout autre , n’y échappe pas .

Différentes boites à mouche  dans lesquelles vous rangerez rationnellement vos artificielles ; deux ou trois peuvent suffire au début : une à casier pour les mouches sèches , une à fond de mousse pour les nymphes et les noyées et si vous le désirez une petite pour les modèles que vous utiliserez le plus souvent .

Un hydrofuge pour imperméabiliser les mouches sèches et leur permettre de mieux flotter .

Des bobines de fil de différent diamètres : 30 , 24 , 20 , 18 , 16 , 14 , 12 , et 10/100 pour refaire votre bas de ligne et en changer la pointe . Elles peuvent être utilisées avec un distributeur de fil .

De l’ amadou ou du  cuir amadou avec lequel vous sécherez votre mouche lorsqu’elle sera trop mouillé pour flotter ou après la prise d’un poisson .

Une épingle de sûreté  pour défaire un nœud sur le bas de ligne et pour déboucher l’œillet des mouches souvent obstrué par le vernis de finition .

Une pierre ou lime à affûté les hameçons ; garder vos hameçons bien piquants évitera beaucoup de décrochages .

Les ciseaux-pinces de pêche pour couper le nylon et décrocher proprement et rapidement la mouche de la gueule du poisson .

Des lunettes polarisantes protégeront vos yeux des reflets et vous permettront de voir sous l’eau dans certaines conditions .

Le gilet de pêche est un vêtement pourvu de très nombreuses poches , d’anneaux et d’un accroche-mouche sur lequel vous laisserez sécher les mouches que vous avez utilisées . Il est pratiquement indispensable et doit pouvoir contenir tout ce que vous emporterez à la pêche .

Une épuisette raquette est utile , même si beaucoup de pêcheurs s’en passent ; il est toujours rageant  , surtout si vous êtes débutant  , de perdre une belle truite parce que vous n’avez pas d’épuisette .

Si vous désirez garder certaine de vos prises le panier en osier ou en rotin est bien  préférable à la musette , car les poissons s’y conserve beaucoup mieux . Même si la pratique du ” no kill” se généralise et est souhaitable , il reste qu’il est toujours agréable de pouvoir le produit de sa pêche et , de temps en temps , garder un ou deux poissons dans les meilleurs conditions .

Enfin , dernière pièce de votre équipement , les cuissardes ou les waders ( pantalons de pêche ) . Les premières sont indispensable même si vous pouvez pêcher de la berge , ce qui est très rare ; elles peuvent suffire dan les petites rivières , mais dès que la profondeur s’accroît , il vaut mieux alors , avoir recours aux pantalons de pêche qui vous permettront d’attaquer les poissons dans de meilleurs conditions .

Dans certaines grandes rivières , ils sont même indispensables ; il serait ainsi très difficile de pêcher dans le Gave d’Oloron , la Loue , la vienne , la haute Seine , l’Allier , ou encore la Dordogne sans être équipé .

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Le caoutchouc est la meilleure matière pour les cuissardes , elles seront solides , facilement réparables et vous pourrez les garder durant plusieurs saisons .

Quant aux waders c’est à partir de néoprène que sont fabriqués les meilleurs : très légers , ils protègent remarquablement du froid , ce qui n’est pas négligeable en début de saison . Si vous en avez peu l’usage , vous pouvez les prendre en plastique ou en tissu induit , ils ne sont pas très solides mais ils sont bon marché . quant aux waders modernes , en matériaux respirant , ils sont parfaitement adaptés à la belle saison . Légers , très souples , ils ne sont pas chauds , mais ils restent très fragiles et sensibles aux accrocs occasionnés par la végétation des rives.

Voilà pour le matériel , à l’exception des mouches artificielles que nous verrons plus loin .

Le lancer pour la pêche à la mouche

Avant toute chose , votre premier geste , sera de savoir tenir votre canne en main , car prendre une mauvaise habitude a ce stade là serait très néfaste pour la suite .

La première , la plus communément employée , se fait avec le pouce sur le dessus de la poignée , elle s’adapte bien aux cannes moyennes et longues .

Pour la seconde c’est l’index qui appuie sur le dessus de la poignée . Position très agréable avec les cannes de petite et moyenne longueur munies d’une poignée ” cigare ” , si elle donne moins de force , ce qui est loin d’être prouvé , elle assure en revanche une plus grande précision tout en limitant l’ampleur des mouvements de la canne vers l’arrière , ce qui est bien , nous le verrons au cours de l’apprentissage du lancer .

Dans tous les cas , la prise , de canne doit être ferme tout en restant souple . Vous ne devez surtout pas  crisper la main sur la poignée ( ce n’est pas un marteau que vous tenez ) , car vous n’arriverez pas à lancer correctement , vous vous fatiguerez et les crampes viendront très vite vous rappeler à l’ordre .

Quant au choix de la tenue , pouce ou index sur le dessus , c’est une question de gout , de confort et de bien – être ; choisissez celle -qui , instinctivement , vous convient le mieux , celle qui s’accorde à votre tempérament ; il faut que vous vous sentiez bien  décontracté , c’est extrêmement important pour aborder le lancer .

Quoi qu’il en soit , afin d’être plus précis , il convient que la main qui tient la canne soit le plus près possible des yeux , ce qui vous aidera à viser . Le maximum de puissance sera obtenu lorsque votre main restera en avant de l’épaule et le coude ne devra jamais monter plus haut que ladite épaule . Pour pêcher plus loin , vous aurez recours ( dans un second temps de votre apprentissage ) à la position dite ouverte qui permet un mouvement plus long facilité par la rotation du corps au niveau de la taille , les hanches et les jambes et au final le poignet servant à accélérer et à donner plus de puissance au mouvement qui va étirer la ligne pour poser la mouche au-delà de 15 mètres .

C’est un moment important , qu’il ne faut pas rater . Les bases du lancer sont théoriquement simples : Il s’agit de fouetter à la manière d’un cocher en sortant progressivement de la soie pour au bout du compte poser son bas de ligne à la distance et à l’endroit désirés . Cette progressivité des faux lancers ( le seul vrai étant le shoot au cours duquel votre mouche , au bout de son bas de ligne  se pose sur l’eau ) est la deuxième chose à acquérir .

Auparavant , il aurait fallu apprendre à votre ligne à voler . Cela s’obtient en libérant la valeur d’une fois et demie la longueur de la canne de soie et en balançant la pointe de la canne de la façon la plus droite possible dans un plan qui irai de 10 à 13 heures . Si la canne respecte bien le plan sur lequel vous avez placé son  mouvement , la soie et son bas de ligne vont effectuer un circuit d’avant en arrière ponctué par une boucle étroite qui garantira que la ligne volante suit le bon chemin .

Cette boucle , c’est la clef de votre lancer 

C’est elle qui , si vous la serrez bien , vous permettra de passer entre les branches et les divers obstacles . La suite n’est qu’un coup de main à prendre : celui de synchroniser le mouvement du bras qui tient la canne et celui de la main qui va petit à petit sortir la soie du moulinet pour allonger la ligne à la distance souhaitée . Quand cette distance est atteinte , il n’y a plus qu’à libérer une ultime réserve de soie destinée à poser la mouche sur l’eau de telle façon qu’elle pêche avec efficacité .

De nombreux pêcheurs pensent qu’un bon lancer est un lancer rectiligne . C’est une erreur . En rivière , au contraire , le bas de ligne doit se poser suffisamment en accordéon pour que le déploiement des spires de la ligne permette à la mouche d’être pêchante le plus longtemps possible avant que le courant  ne fasse draguer la mouche . Ce que les poissons en général n’aime pas  . Sauf , et encore , quand il s’agit des sedges , les imitations de trichoptères dont la mouche adulte ( imago ) a la particularité de pagayer en surface avant de s’envoler ou de rejoindre la rive .

Lancer vertical /de base pour la pêche à la mouche

Après avoir passé la soie munie de son bas de ligne dans les anneaux de la canne , vous fixez à la pointe un brin de laine de couleur voyante . Sortez 5 à 6 mètres de soie à partir de la pointe de la canne pour l’étendre devant vous sur le sol . Le gazon est préférable , la soie ne s’y abîme pas .

Vous coincez la soie sous la poignée avec la main et , canne basse , à l’horizontale , vous la relevez verticalement d’un mouvement rapide et accéléré , comme si vous vouliez lancer la pointe du scion droit derrière vous en vous  servant du reste de la canne comme levier .

Ensuite , vous bloquez la canne un peu après qu’elle a dépassé la verticale ( position 1 h sur le cadran de l’horloge ) . La ligne part alors derrière vous , se déploie et s’étend en l’air . Dès qu’elle est tendu à l’arrière , ou juste avant , rabattez votre canne vers l’avant jusqu’à la position 10 h et laissez -la  se déployer et se poser sur le sol devant vous .

Le moment où il faut relancer vers l’avant est assez délicat à apprécier ; théoriquement vous devez sentir la soie tirer derrière vous quand elle arrive en bout de course à l’arrière , mais c’est difficile à percevoir au début . Vous pouvez alors suivre des yeux et regarder derrière vous pour bien voir quand elle est étendue , soit lancer avec le bras à la verticale comme s’il était un prolongement de votre cane , le levier ainsi crée étant plus important , la tension et la tirée de la ligne seront plus important et plus facile à percevoir .

Les positions de la canne sont très importantes : elle ne doit pas , au cours du lancer arrière , dépasser la verticale ou à peine , ni descendre plus bas que 10 h à la fin du lancer avant . D’où l’importance , au départ , d’une bonne prise en main de la canne . D’autre part , plutôt que de faire jouer uniquement le poignet comme on l’apprenait naguère , il vaut mieux faire participer le bras entier ; toutes les articulations doivent jouer leur rôle : poignet , coude et épaule , en souplesse et modérément .

Recommencer l’exercice précédent jusqu’à ce vous le réussissiez ; si vous vous sentez fatigué , il vaut mieux arrêter 5 minutes et reprendre l’entrainement ensuite ; votre poignet et votre bras ne s’en porteront que mieux . C’est du petit laps de temps que met la soie à s’étendre derrière vous avant de relancer vers l’avant que vous ferez dépendre la qualité de vos lancers . La qualité du lancer arrière conditionne et engendre celle du lancer avant .

La soie doit être tenue haut en l’air et ne doit pas toucher le sol derrière vous , c’est pour cela qu’il ne faut dépasser la verticale avec la canne ; si vous l’amenez  trop en arrière , votre ligne aura une forte tendance à retomber et à toucher le sol derrière vous et le lancer avant s’en ressentira fortement .

6 petits conseils pour vous facilitez la vie à la pêche à la mouche

1 – Vous pouvez aussi vous entraîner en dehors de l’eau si vous le désirez ou si vous trouver cela plus facile au début , par exemple sur de l’herbe .

2- A la pointe de ligne , remplacez la mouche par un bout de l’aine .

3- Au début bloqué votre poignet avec un gros élastique qui l’arrime à la canne . Ce n’est pas le poignet qui travaille c’est un peu le coude et beaucoup l’épaule .

4- Pensez bien à marquer l’arrêt à l’arrière à 10 h et à l’avant à 1 h .

5- Laissez le temps à la soie de s’étendre derrière vous ce n’est que comme cela que vous trouverez le bon tempo .

6- Avant de demander conseil a un autre pêcheur assurez-vous toujours que son geste est bon . Les mauvaises habitudes sont dures à perdre .

La double traction pour la pêche à la mouche

Très vite vous allez vouloir pêcher plus loin . Ce n’est pas forcément une bonne idée . Pêcher plus loin , même si vous lancez bien , c’est pêcher moins bien . Ainsi soyez assuré qu’un bon lanceur ne fait pas automatiquement un bon pêcheur . Mais bon ,il y a toujours des exceptions : la truite qui gobe exactement 1 mètre au – delà de la distance à laquelle vous êtes capable de lancer , petit courant avec très peu d’eau où elles se tiennent et qu’il ne faut pas trop approcher sous peine d’être repéré . Alors pour ces occasions et aussi pour les pêches en eaux closes où pêcher plus loin signifie à la fois pêcher plus longtemps , et faire passer sa mouche dans des zones que les autres pêcheurs ne sont pas capables de fréquenter , il n’est pas inutile d’apprendre la double traction .

Son principe est simple : il s’agit de sortir la soie plus vite et d’accéléré sa trajectoire . Comment ? En tirant sur la soie à la fois quand elle est à l’arrière et quand elle est à l’avant . La première traction commence sur le lancer arrière , la seconde suit sur le lancer avant . Ces tractions s’effectuent au moment ou l’inertie de la ligne courbe le plus la canne.On baisse alors brusquement la main qui tient la ligne jusqu’à la taille avant de la ramener au niveau de la canne pour qu’elle file , comme mue par un ressort , dans les anneaux . On passe ensuite à la phase du lancer avant  avec le même système de va-et-vient de la main .

Une fois les automatismes acquis , il suffit de deux ou trois faux lancers pour propulser pour propulser ligne et mouche à distance respectable .

Les faux lancers pour la pêche à la mouche

Il faut maintenant apprendre à tenir la soie en l’air . on le fait en pratiquant ce qu’on appelle des faux lancers , c’est-à- dire des lancers arrières et avant successifs sans qu’à aucun moment la soie ne touche l’eau . Ils permettent d’ajuster le tir , de régler la longueur de votre soie et donc votre distance de pêche et , enfin , ils sèchent la mouche .

Pour ce faire , sortez 8 à 10 mètres de soie , mais au lieu de la tenir en même temps que la poignée de la canne , vous la pincez entre les doigts de votre main gauche . Cette main joue en effet un très grand rôle , elle sort la soie du moulinet , elle en contrôle la sortie et la tension , elle contribue au ferrage , et lorsque que vous serrez bien aguerri , elle effectuera des tractions sur la soie pour lui donner de la vitesse et augmenter la longueur de vos lancers .

Vous démarrez comme précédemment , mais au lieu de poser la soie juste avant de le lancer avant , vous bloquez la canne un peu avant 10 h et dès que la soie est étendue en l’air devant vous , vous la relancez immédiatement vers l’arrière et ainsi de suite . Elle circule donc au-dessus de vous tant que vous ne décidez pas de la poser . Il faut donc respecter une certaine cadence pour ne pas lancer à contretemps . C’est le timing . Il est nécessaire d’attendre à chaque fois que la ligne se tende bien devant et derrière . C’est ce fameux timing qu’il faut réussir à attraper , et ce n’est pas si difficile qu’on a bien voulu le laisser entendre . Bien entendu , il change chaque fois  que vous modifiez la longueur de soie sortie , puisqu’il dépend du temps qu’elle met à se déployer : plus elle est longue , plus il sera ralenti. Il change aussi si vous utilisez des cannes d’action différente .

Il faut bien comprendre que ce n’est pas le lanceur qui commande la cadence de lancer , mais bien le couple canne-soie qui en est maître ; c’est se couple qui détermine le timing et le choix des futures cannes dépendra du tempérament   que le pêcheur se découvrira après avoir pratiqué un peu . Certains préfèrent les cannes longues et un peu plus lentes . Mais en vous conseillant au  début d’une action moyenne et de longueur passe-partout , il y a peu de risques de vous tromper et c’est avec ce type de canne que vous apprendrez le plus facilement . Il est bien évident que tracer des arabesque de soie dans les airs , dessiner et découper l’atmosphère , pourrait-on dire , ne sert pas qu’à faire quelque chose de joli , bien qu’il soit toujours plaisant et agréable à l’œil de regarder un bon lanceur en action ; vous prendrez vous même plaisir a effectuer de beaux lancers . Non , ce n’est pas à cela  que ça sert ! Pendant que la soie est en l’air , vous avez tout loisir d’utiliser votre main gauche pour allonger votre tir et pour mieux l’orienter et l’ajuster .

Mais il ne faut pas abuser des faux- lancers , c’est le défaut de beaucoup de débutant et de certain qui le sont moins , ayant pris la mauvaise habitude de les multiplier en ne sortant que quelques dizaines de centimètres de ligne à chaque fois . Il faut aller beaucoup plus vite , avoir déjà quelques mètres de ligne sortie , que l’on met en l’air en un arraché et ensuite , à chaque faux-lancer , sortir 2 à 3 mètres supplémentaires . On doit pouvoir atteindre une distance de pêche normale de 12 à 15 mètres en trois ou quatre faux-lancers . Au début , vous n’y arriverez pas et c’est normal , mais il faut que vous y tendiez sans cesse , sans quoi vous prendrez la mauvaise habitude de trop en faire , tendance qui guette tout les débutants . Multiplier les faux-lancers fait perdre du temps , fatigue et vous rend moins précis et moins discret aux yeux des poissons , cela peut les alerter et compromettre vos chances de réussite . Quelle que soit la technique de pêche pratiquée , la meilleure façon d’attaquer les poissons est encore de faire le minimum de gestes .

Le posé pour la pêche à la mouche

Tout ce que nous avons vu sur l’apprentissage a pour seule et unique finalité de présenter une mouche artificielle au poisson , de la lui proposer dans les meilleurs conditions possibles de façon à ce qu’il ne s’en effraie pas et la prenne sans méfiance , comme s’il prenait une mouche naturelle dérivant librement avec le courant .

Le premier acte de pêche véritable du pêcheur à la mouche est le posé de l’artificielle , tout ce qui le précède n’en est que la préparation . Il faut qu’il soit à la fois doux et précis . Doux pour ne pas effrayer le poisson par le bruit de la soie et de la mouche tombant trop brutalement à l’eau , précis pour que la mouche passe bien naturellement au-dessus de son poste de gobage ou de prise .

Seule l’expérience et une pratique appliquée permettent d’y arriver correctement  . Voici quand même quelques indications pour vous aider à le réussir . Il ne faut jamais réussir le dernier lancer en baissant la canne à l’horizontale , mais au contraire attendre que la soie s’étende devant vous en l’air en gardant la canne à position 10 h comme si vous visiez un point situé à quelques dizaines de centimètres de la surface , juste au-dessus de l’endroit où vous avez décidé de l’envoyer  .

Ce n’est qu’ensuite que vous pouvez abaisser la pointe de la canne en accompagnant la chute de la soie sur l’eau , le bas de ligne ayant presque fini de se déployer .

Vous pouvez améliorer le posé en faisant usage du shoot ou coulé . Il consiste à laisser filer dans les anneaux une réserve de soie que vous tenez dans la main gauche à la fin du lancer avant , réserve qui peut atteindre plusieurs mètres . Il faut la lâcher au moment précis où elle tire sur votre main en fin de course . Le shoot ralentit la vitesse de la ligne qui se pose alors doucement . Outre cet avantage , il permet d’allonger ses tirs et de gagner en distance tout en dissimulant les faux lancers à la vue du poisson .

Il existe plusieurs techniques qui peuvent contribuer à allonger les lancers ; il s’agit essentiellement des tractions simple ou double ( comme vu plus haut ) exercées par la main gauche sur la soie . Nous avons déjà vu la tractions double plus haut et nous allons maintenant voir la traction simple .

Elle consiste à effectuer une tirée rapide sur la soie avec la main gauche , de haut en bas . Il faut la faire juste au moment où la soie est bien étendu à l’arrière , c’est à ce moment que  commence le lancer avant . Cette traction a pour effet d’augmenter la distance du shoot . Ce qui se passe , c’est que lors du lancer arrière , la main gauche suit la soie qui , allant vers l’arrière ,  la tire vers le haut , vers l’anneau de départ , la main gauche suit et , dès que vous commencez à relancer vers l’avant , elle tire d’un coup sec vers le bas pour accélérer le retour de la soie . Vous gagnerez facilement plusieurs mètres en utilisant cette technique .

Les autres lancers pour la pêche à la mouche

Ce que nous venons de voir sur le lancer vertical de base s’applique à presque tous les autres lancers , la canne peut être maniée dans  tous les plans entre la verticale et l’horizontale . Dans la pratique , d’ailleurs , on incline toujours plus ou moins la canne jusqu’à fouetter dans un plan parallèle à la surface de l’eau pour passer sous les branches les plus basses .

Utiliser le revers  est nécessaire quand par exemple vous êtes droitier et que vous pêcher en remontant la rive gauche d’une rivière . Pour lancer en revers , la canne est inclinée sur la gauche et la main droite est remontée à hauteur de l’épaule gauche , les principes du lancer restant les mêmes . Là aussi , on peut incliner la canne autant qu’on veut , jusqu’en dessous de l’horizontale , et placer ainsi sa mouche sous les branches retombantes , contre la rive , postes qui abritent souvent les plus beaux poissons .

Le lancer roulé pour la pêche à la mouche

Il peut arriver , et c’est souvent le cas dans les petites rivières , que vous ne disposiez pas d’un dégagement suffisant à l’arrière pour que votre soie puisse correctement s’allonger . Il faut alors avoir recours au lance roulé , qui peut se faire même si vous êtes  presque adossé à un mur .Son principe est un peu différent des précédents puisqu’il ne peut y avoir de lancer arrière . Au lieu d’arracher la soie , il faut relever la canne jusqu’à la verticale d’un mouvement souple et continu sans que la soie ne quitte la surface de l’eau , elle prend alors en courbe un peu en arrière de vous . c’est a ce moment qu’il faut fouetter vers l’avant d’un geste rapide tout en levant légèrement la canne , l’ensemble poignée de la canne -main décrivant un cercle comme pour faire un mouvement de bielle dont le coude serait le piston et la main la roue ou l’arbre . C’est assez facile à faire , mais cela ne s’exécute bien que sur l’eau ; inutile donc , au début , de vous entraîner au roulé sur gazon .

Le lancer parachute pour la pêche à la mouche

Le propos de cette technique est de donner à la mouche une chance supplémentaire de ne pas draguer trop vite quand le courant est fort . On laisse tomber la main au moment où la boucle s’effectue , ce qui revient à un shoot aérien dont l’effet sera de donner du mou à la ligne . Le bas de ligne arrive sur l’eau en paquet et la mouche pêche le temps que l’écheveau se défasse sous l’effet du courant . On obtient à peu près le même résultat en bloquant simplement la soie à 12 heures et en laissant retomber sans lui donner l’impulsion du shoot .

Les mouches artificielles pour la pêche à la mouche

Mouche

Les mouches artificielles on été inventées pour pallier la fragilité des naturelles. Elles cherchent à imiter au mieux , en assemblant divers matériaux ( fils , plumes , poils , matériaux synthétiques …) , les insectes naturels en rendant la silhouette , la couleur , la taille et l’attitude sur ou dans l’eau .

Elles se répartissent en trois grandes catégories suivant l’usage qu’on en fait : les sèches , les nymphes et émergentes , les noyées .

Les sèches pour la pêche à la mouche

Les sèches représentent la mouche à l’état de subimago ou imago et de spent , c’est à dire quand elle flotte . Il en existe plusieurs types :

– Les araignées simples , ce sont les plus connues , se composent d’une collerette de hackles , d’un corps et de cerques . Elles peuvent représenter tous les éphémères et certain diptères , il suffit de faire varier leur taille et la couleur de leurs composants pour imiter subimago et imago .

Les araignées à ailes  sont les mêmes que les précédentes , on leur a simplement ajouté des ailes , ce qui peut apporter un plus ; elles sont aussi plus visibles du pêcheur .

Les spents ressemblent au précédentes , mais les ailes , au lieu d’être verticale , sont posé a plat , horizontalement .De plus , et c’est très important , la couronne de hakle est très réduite jusqu’à disparaître complètement dans certains modèles , car les mouches , à ce stade , flottent très bas sur l’eau . Les ailes sont blanches et donnent une impression de transparence , le corps va du brun -rouge au rouge-orangé .

Le palmer est une artificielle dont le hackle est enroulé tout le long du corps . Plutôt que d’imiter , ce sont des mouches qui suggèrent la vie et une attitude sur l’eau ; elles sont capables de représenter un grand nombre d’insectes : éphémères , tricoptères et moucherons dans les petites tailles . C’est ce qu’on appelle des mouches d’ensemble .Elles sont très bonnes pour pêcher les courant et au coup du soir ( période de la journée où, à l’approche du crépuscule, l’activité des poissons et des insectes aquatiques devient très importantes. Le coup du soir est caractéristique des chaudes journées d’été  ) , car elles flottent bien et sont très visibles .

La double-collerette part du même principe que le palmer , mais le montage est plus aéré et translucide : une collerette à l’avant , une à l’arrière avec un corps mince entre les deux . Elles sont souvent plus efficaces que les palmers , et comme eux , très utiles , pour imiter les mouches de courant et les moucherons .

Les no-hackles sont des mouches modernes inventées par les Américains .Elles n’ont pas de couronne de hakle mais les ailes sont faites en poils de chevreuil et le corps en polypropylène , un matériau synthétique qui flotte ; cela ajouté au fait que les poils sont creux en fait des mouches qui possèdent une excellente flottabilité . Elles sont de plus très visibles et remplacent avantageusement les araignées simples ou à ailes .

Les sedges servent à imiter les trichoptère . On peut les classer en deux groupes : ceux dont les ailes sont faites de plumes ou portions de plume , et ceux qui utilisent différentes sortes de poils pour les figurer. Les premiers , au montage le plus classique , sont plus ressemblants à l’œil , il faut que l’aile soit opaque , à l’image de celle de l’insecte réel . Le corps étant caché par les ailes , sa représentation n’a que peu d’importance en ce qui concerne la couleur . Ils sont généralement volumineux et de couleur claire . Les seconds paraissent plus flous et plus vivants ; à taille égale , ils sont aussi plus visibles que les premiers , la couleur et l’aspect du corps ont aussi plus d’importance .Enfin ils flottent haut sur l’eau et sont pratiquement insubmersible . Ils sont donc tout indiqués pour la pêche de courant et lors du coup du soir . Dans tous les cas , il faut les  prévoir en plusieurs tailles et quelques coloris différents car ils sont tout à fait nécessaires au pêcheurs à la mouche .

Petite sélection de mouche sèche pour débuter la pêche à la mouche

Araignées , en taille 10 à 18 :

– corps jaune , hackle gris , taille 14 à 18 . C’est la fameuse grise a corps jaune ; si vous ne prenez qu’une araignée , prenez celle-là ;

– corps orange , hackle gris , taille 14 à 18 ;

– corps bordeaux , hackle roux , taille 12 à 18 ;

– corps beige , hackle gris-miel , taille 10 à 16 .

Pour les no-hackles et les culs de canard : la couleur des ailes est inchangée , vous pouvez toutefois les choisir plus ou moins foncées ;

– corps jaune , taille 12 à 16 ;

– corps gris taille 14 à 18 ;

– corps rouge-orange , taille 12 à 18 ;

– corps beige , taille 10 à 14 ;

– corps olive , taille 14 à 18 .

Pour les palmers , choisissez ceux qui possèdent plusieurs coloris de plume , ils seront plus visibles et apparaîtront plus vivants . Taille 10 à 20

Si vous préférez les doubles-collerettes  , utilisez les coloris définis pour les araignées en ajoutant une mouche sombre , corps noir , hackle gris foncé ou noir , en taille 12 à 20 . Cela vous permettra d’imiter les moucherons et les diptères terrestres tels que les mouches de la Saint-Marc .

Un modèle de spent , ailes blanches ou gris clair , corps rouge-orangé en taille 14 à 18 .

Les nymphes et les émergentes pour la pêche à la mouche

Les nymphes représentent les insectes quand ils sont au stade de la vie larvaire ou quand ils commencent à se déplacer pour gagner la surface et éclore .

Il y a deux manières de les concevoir :

– La manière impressionniste où la mouche artificielle suggère une quelconque bestiole vivante ;

– et la manière réaliste qui veut que l’imitation soit la plus exacte possible .

Selon la première , seuls deux ou trois modèles de nymphes suffisent , il faut simplement faire varier la taille ; par exemple vous pouvez vous contenter d’une Sawyer’s nymph en taille   à 10 à 16 .

La première qualité des nymphes étant de plonger facilement , elles sont pour la plupart alourdies au montage par du fil de cuivre ou de plomb dans les plus gros modèles. Si vous préférez la seconde manière , le nombre de modèles augmente , puisque vous devez présenter au moins les caractéristiques d’une famille de mouche dans chacune des nymphes . Il faut un modèle pour les olives ( taille 14 à 16 ) , un ou deux modèles pour les mouches de courant ( taille 10 à 14 ) , en veillant bien à ce qu’elles reproduisent leur principale particularité , à savoir qu’elles sont plates . Deux modèles de trichoptères, un pour ceux qui construisent un étui , et l’autre pour ceux qui n’en possède pas . Tous les deux en taille 10 à 12 .

Un modèle de plécoptère en taille 8 à 12 .

Enfin une imitation de la mouche de mai qui vous sera fort utile où elle est présente ( taille 10 ) .

En ce qui concerne les émergentes , il faut des artificielles qui flottent dans le film de la surface ou immédiatement dessous , puisqu’elles  imitent  les mouches qui  s’apprêtent à éclore ou entrain de le faire . Ce sont des artificielles qui ressemblent un peu aux nymphes mais qui ne sont pas plombées . Un modèle d’ensemble suffira pour tous les éphèmères. Le plus simple est d’utiliser des no-hackles dont vous aurez coupé l’aile en ne laissant que 2 à 3 mm de poil pour figurer des ailes en train de se déployer  . Bien entendu , tailles et couleurs varient en reprenant celles qui ont été déterminées pour les sèches . Néanmoins , il est préférable d’avoir un modèle spécifique de la mouche de mai , toujours très efficace lors d’une éclosion de cet insecte .

Ajoutez a cela deux émergentes de trichoptères et vous serez paré  . Dans certains endroits , vous aurez besoin d’une émergente de chiromodés ( moustique ) en taille 14 à 18 .

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C’est important , je le répète , les émergentes ne doivent pas flotter sur la surface , mais dans la surface , elles doivent être très bas sur l’eau ou même plonger à quelques centimètres . C’est pour cela qu’elles sont construites avec des matériaux hydrophiles ( fourrures d’animaux divers , laine , soie , plumes molles et mouillables … ) , ce qui , de plus , leur donne un aspect hirsute , bourru , qui rend très bien l’apparence des mouches quand elles en sont à ce stade .

Les noyées et les streamers pour la pêche à la mouche

Certains s’étonneront de ce que je traite en même temps les noyées et les streamers . La raison en est qu’il fonctionne un peu sur le même principe : le poisson les attaque plus par agressivité que pour se nourrir , cela se traduit d’ailleurs par le fait que , streamers ou  noyées , on les anime en action de pêche , ce qui est généralement pas le cas des sèches ou nymphes . Le coté leurre de ces “mouches” est beaucoup plus prononcé que leur coté imitation d’une proie qui agit par son seul aspect . A mon avis  , il n’y a pratiquement aucune différence de nature entre une grosse noyée et un petit streamer . L’un et l’autre agissent et se conduisent de la même façon dans l’eau .

Les noyées ne représentent rien si ce n’est des bêtes vivantes susceptibles d’être chassées par les poissons .Plus elles sont simples de construction , ce qui ne les empêche pas d’être bien conçues et bien finies , mieux c’est . En règle générale , la mouche de pointe est plus grosse que la sauteuse ( vous pouvez mettre que deux hameçons au plus sur une ligne lorsque vous pêchez les eaux de 1er catégorie ) . Sa taille va de 8 à 14 , son corps est généralement  volumineux et sa collerette très peu fournie et inclinée vers l’arrière ou montée à l’espagnole comme la célèbre Palaretta . La sauteuse lui ressemble , mais en plus petite ; c’est généralement une araignée sans cerques . Tout comme les nymphes , leur principale qualité est de s’immerger rapidement , donc très peu de hackles de corps construit en matériaux hydrophiles , d’autant plus qu’il vaut mieux ne pas les plomber . Il suffit d’en avoir une petite série en tailles et coloris divers .

Les streamers ont été conçus pour représenter des petits poissons , alevins , vairons ou autres . Il y en a une grande variété , mais il vaut mieux se limiter à deux ou trois modèles , quitte à augmenter sa collection plus tard . L’un sera fabriqué avec des matériaux relativement raides ( écureuil , veau , chevreuil , comme le muddler ) pour les eaux rapides à semi -rapides , l’autre en matériaux souples comme le marabout ou l’autruche , pour les eaux calmes . Vous pouvez y ajouter un Matuka de tonalité sombre qui se révèle toujours excellent . Quelque soit le modèle , choisissez-le en 4 à 8 .

Une boite à mouche pour aller de partout à la pêche à la mouche

Collection de mouche

En plus de la petite sélection vu plus haut , voici une  liste complémentaire ( si vous voulez en rajouter a votre collection 😉 ) des mouches qui pourraient séduire plus d’un poisson .

Les mouches sèches et les émergentes pour la pêche à la mouche

La french tricolore pour la pêche à la mouche

La meilleure des mouches pour voyager . Claire et en corps 12 elle peut remplacer une mouche de mai . Foncée et en corps 20 , on la prend pour une foumi , un diptère ou encore un spent de baetis .

Le jeck sedge Devaux pour la pêche à la mouche

Un sedge légendaire ici en version “C” en raison de sa collerette  mixte coq et CDC. Excellent en toute taille sur toutes les eaux . Un merveilleux piège a truite et à ombre .

Jeck sedge gris n°18 pour la pêche à la mouche

Une variante du célèbre sedge en taille 18 et en gris . Une très bonne mouche pour l’ombre .

Sedge en chevreuil pour la pêche à la mouche

En eaux rapides mais aussi à la nuit sur des rivières plus lentes , ce modèle flotte comme un bouchon et séduit toujours les truites .Tailles 16 à 12 .

Altière pour la pêche à la mouche

Une petite mouche passe partout très polyvalent qui fait tout autant office de fourmi que de diptère . Tailles 18 et 20 .

Moucheron ” tag” pour la pêche à la mouche

Pour l’ombre en taille 20 à 16 . A utiliser en début de saison quand les ombres sont encore très curieux et pas trop méfiants .

Mouche de mai Devaux Jacques Boyko pour la pêche à la mouche

Une mouche de mai très efficace et qui présente la particularité d’être imitative de plusieurs stades de l’insecte .

Emergente corps jaune pour la pêche à la mouche

Un modèle de Jacques Boyko à utiliser en début d’éclosion .Idéal pour les pêches fines en tailles 20 à 16 .

Fourmi mousse pour la pêche à la mouche

Une fourmi ” moderne ” avec un corps et une tête en mousse néoprène . Elle flotte et se voit sur l’eau .

Mp 21 pour la pêche à la mouche

Avec un corps en CDC torsadé , la mp 21 est redoutable tant qu’elle n’est pas imbibée d’eau  . Une exellente mouche qui se pose toujours parfaitement et qui est souvent prise au premier passage .

L’oreille de lièvre pour la pêche à la mouche

Cette émergente n’imite rien de spéciale et c’est un incroyable piège a truites

La Peute pour la pêche à la mouche

Elle évite les bredouilles même sur les parcours réputé difficile . A posséder absolument !!

Mouche d’ornans pour la pêche à la mouche

Un héritage des mouches anglaises  .

Spent émergent pour la pêche à la mouche

Un modèle qui en a surpris plus d’un . Les truites l’adorent en effet .L’ enveloppe nymphe est imitée avec du polypropylène gris ou jaune pâle .

Spent polypropylène pour la pêche à la mouche 

Un modèle qui remplit parfaitement son rôle : imitatif , bonne flottaison , séchage rapide . De plus , il est facile à faire . Tailles 18 à 14 .

Devaux 929 pour la pêche à la mouche 

La 929 est un grand classiques de la collection Devaux . La version ” C” avec collerette mixte coq/CDC est   préférable aux ” lisses ” .Tailles  18 et 20 .

Sedge canard et lièvre pour la pêche à la mouche

Un très bon modèle pour la pêche ” a drague ” , car il glisse très bien sûr l’eau une fois graissé .L’enveloppe nymphe est imitée avec du polypropylène gris ou jaune pâle .

L’ombrelle pour la pêche à la mouche

Une émergente atypique , avec son aile détachée du corps . Pour les situations difficiles quand les autres modèles sont refusés les uns après les autres .

Caenis pour la pêche à la mouche

Une micro-mouche constitué uniquement de fil de montage blanc crème et de microfibres . Incontournable en présence de caénidés . Tailles 22 et 20 .

Plougoulmoise pour la pêche à la mouche

Une émergente très polyvalente qui imite autant les éphémères que les chironomes . Efficace en lac comme en rivière.  Existe en trois teintes : claire , mi-foncée , foncée .

Les nymphes pour la pêche à la mouche

Pheasant tail pour la pêche à la mouche

L’archétype de l’imitation de nymphe éphémère . C’est simple , mais c’est toujours l’une des meilleur pour la truite .

Nymphe de mai pour la pêche à la mouche

un exemple de bon modèle de nymphe de mouche de mai . La présence de CDC est volontaire pour cette nymphe non lestée qui évolue à quelques centimètres sous la surface .

Gammare pour la pêche à la mouche

L’une des nymphes les plus utilisées en France . Et pour cause , les crevettes d’eau douce sont la base de l’alimentation des truites dans bien des rivières .

Pheasant tail tête orange pour la pêche à la mouche

Une “nymphe” très en vogue qui donne encore de bon résultats sur les truites qui chassent les vairons . Elles est un peu trop utilisé et les truites s’en méfient …

Nymphe à ombre tungstène pour la pêche à la mouche

Petite mais dense, telle est cette imitation de larve destiné aux ombres . Pour la pêche en été manque d’activité des poissons ( et des insectes ) . Tailles 18 et 20

Nymphe casqué pour la pêche à la mouche

Ce n’est pas une nouveauté , mais les poissons se font souvent avoir par cette nymphe , qu’elle soit lestée par une perle en laiton ou en tungstène .

Les mouches noyées pour la pêche à la mouche

Mouche noyée à l’espagnole pour la pêche à la mouche

Un modèle passe-partout à placer en sauteuse . Les couleurs incitatives intéressent autant les truites que les ombres .

Palaretta pour la pêche à la mouche

Une très bonne mouche noyée de pointe . Son corps vernis volumineux est parfait dans cette position en complétent d’une sauteuse , plus légère .

Les streamers pour la pêche à la mouche

Streamer peau de lapin et marabout olive pour la pêche à la mouche

Plus ou moins lesté avec une bille dorée en tête . Hameçons 6 ou 8 hampe longue .

Streamer vairon FS pour la pêche à la mouche

Un modèle de streamer pour la pêche de la truite en rivière , imitatif et suffisamment lesté pour pêche près du fond .

Pratique de la pêche à la mouche

la mouche sèche pour la pêche à la mouche

Comme dans toutes pêches  , rien ne peut remplacer la pratique et la fréquentation , assidue des rivières .Et c’est en pêchant régulièrement, souvent et sur le plus grand nombre de rivières différentes que vous ferez le plus de progrès . Il faut aussi vous astreindre à pêcher à la mouche , surtout au début et non pas , comme souvent on le voit faire , emporter un autre matériel sous prétexte qu’on aura plus de chances d’attraper du poisson avec le lancer par exemple . C’est parfois décourageant mais nécessaire : le jour ou vous prendrez votre première truite , si vous avez laissé votre matériel à la mouche dans votre voiture , vous ne la prendrez jamais .

A la mouche sèche pour la pêche à la mouche

Vous voici enfin dans l’eau , vous êtes au milieu d’un beau plat qui fait suite à un fort courant . Trois ou quatre gobages ponctuent la surface à portée de votre canne , d’autres truites gobent un peu plus loin . La première chose à faire , c’est de voir ce que prennent les truites .

Il y a justement une éclosion en train de se produire et vous avez déjà remarqué des dizaines d’éphémères flottant à la surface . Vous en suivez un des yeux , car vous savez qu’il va passer au-dessus d’une truite que vous avez repérée en train de gober ; soudain vous le voyez disparaître au milieu d’une éclaboussure qui laisse s’évanouir des cercles concentriques à la surface ; la truite vient de le gober . Après avoir choisi dans votre boite une mouche qui lui ressemble , vous la lancez vers le gobage . Il faut qu’elle tombe un peu en amont , 50 cm à 1 mètre , de façon à ce que le courant l’amène ensuite naturellement au-dessus du poste de la truite .

Naturellement , cela signifie qu’elle doit se présenter comme si elle était libre , comme si elle n’était pas rattachée a votre bas de ligne , c’est ce qui est difficile à réussir : impossible dans l’absolu , mais il faut s’en approcher le plus possible . Il faut surtout éviter que la mouche drague , c’est-à-dire qu’elle se trouve remorquée par la soie et le bas de ligne que tire le courant ; elle crée alors un petit sillage . Le dragage est la principale cause de refus de l’artificielle par le poisson . Il est dû aux multiples courants qui sillonnent la surface d’une rivière et qui tirent plus ou moins fort sur la soie , celle-ci dérivant à une vitesse différente de celle de la mouche. Pour l’éviter durant la dérive utile de la mouche , c’est-à-dire tout le temps qu’elle est vue par la truite , il faut d’abord bien se placer par rapport au poisson , ne pas mettre par exemple un violent courant entre lui et vous . Il faut aussi éviter de poser la soie trop droite , mais plutôt sinueuse et zigzagante . Lorsque votre mouche arrive près de la truite , celle-ci monte la gober si votre présentation a été correcte . Il faut alors ferrer rapidement mais jamais brutalement sinon vous risquez casser au ferrage , surtout si votre bas de ligne est fin . Un bon ferrage doit être doux , mesuré et très rapide à la fois .

Une fois la truite ferrée , il vous reste à l’amener à l’épuisette en ramenant la soie dans la main gauche et en contrôlant les départs du poisson s’il est gros , en lui laissant prendre un peu de ligne , mais le minimum . S’il n’ a pas de gobage , vous pouvez quand même pêcher l’eau avec pas mal de chances de succès ; la pêche de l’eau est d’ailleurs très rentable sur les rivières qui s’y prêtent , torrents , petites et moyennes rivières au profil varié où les postes à truites sont bien marqués . Il s’agit de poser sa mouche dans les endroits susceptibles d’abriter une truite : les bordures , les souches , les pierres émergentes , les têtes et queues de pool, bref , tout ce qui forme obstacle et brise la continuité de la rivière en offrant un abri à la truite . Il faut utiliser une mouche moyenne flottante bien , en taille 12 à 14 et qui soit bien visible . Les palmers , doubles-collerettes , no-hackles et sedges , surtout en bordure et sous les branches , conviennent très bien . C’est une pêche très agréable et qui peut réserver des surprises .

La nymphe de surface ou émergente peut être assimilée à la sèche puisque c’est la même tactique qu’on utilise : recherche et attaque des gobages .

Si vous examinez le cycle de vie des insectes , vous pouvez vous apercevoir qu’ils sont très vulnérables à trois moments précis :

lorsqu’ils montent à la surface et qu’ils essayent de percer , stade de l’émergence ;

Quand ils flottent juste après sous forme de subimago  ;

et enfin , quand ils meurent et que leur corps dérive après la ponte , ce sont alors des spents , comme les appellent les Anglais .

C’est lors de ces trois moments que les truites s’en nourrissent le plus activement ; il faudra alors les pêcher en connaissances de cause , c’est-à-dire leur proposer non seulement une imitation approximative , mais aussi , ce qui est au moins aussi important sinon plus , une mouche représentant l’insecte au stade où il se trouve : larve , émergente , subigamo ou imago , spent .

Représenter le stade signifie aussi faire évoluer sa mouche à la même hauteur d’eau que les réelles : à proximité du fond ou entre deux eaux pour les nymphes , dans la pellicule de surface ou juste dessous pour les émergentes , sur la surface pour les sèches . Et pour cela , il faut avant tout observer le poisson pour savoir à quel niveau il prend les mouches : c’est essentiel .

Si vous voyez le poisson se déplacer de droite à gauche en profondeur et regagner à chaque fois son poste , il y a fort à parier qu’il prend des larves , il faut donc le pêcher avec des nymphes .

S’il gobe il peut prendre des subimagos , imagos ou spents , tout aisément repérables , mais aussi des émergentes , ce qui arrive souvent au moment d’une éclosion , puisque , par nature , subimagos et émergentes sont présents en même temps sur l’eau . C’est une cause de refus des sèches pas toujours  bien perçue et à laquelle il faut prêter attention .

Si vous savez que vous avez bien posé et que la mouche passe correctement au-dessus d’une truite qui continue à se nourrir après le passage de votre mouche , il est inutile de changer sans arrêt  de mouche sèche pour pouvoir trouver la bonne . Il y a beaucoup de chances que la bonne mouche soit une émergente après plusieurs refus inexpliqués , cela sauvera souvent votre partie de pêche et alourdira votre panier .

La pêche à la mouche au streamer 

Dans une eau qui ne compte que quelques degrés, souvent moins de 7 ou 8 , votre streamer  aura plus de chance de ce faire happer par une truite s’il évolue au ras du fond . Pour cela , outre le recours à un matériel spécifique : soie plongeante , bas de ligne ultra-court , un poser perpendiculaire à la rive laissera plus de temps à la soie pour couler que si vous la posez dans un angle fermé vers l’aval . C’est logique , mais il faut souvent se forcer à pêcher “carré” comme disent les saumoniers . Ne pas trop entrer dans l’eau . Une bonne observation depuis la rive vous évitera de faire fuir toutes les truites du voisinage .

La bonne canne sera un peu plus puissante que votre canne habituelle ( mais toujours dans la même longueur ) , ainsi une 9 pieds soie de 6 ou 7 sera parfaite si vous avez l’habitude de pêcher en sèche avec une soie n°4 ou 5. Le bas de ligne , lui , sera plus court et plus solide ( moins de 2 mètres et 18/100 au moins en pointe ).

Les streamers seront plus ou moins lourds selon la profondeur et la force du courant ( sauf si vous pêchez avec une soie plongeante ou une intermédiaire ) . N’espérez pas pas leurrer des truites sauvages avec des streamers du genre ” folies bergères “que l’on utilise en réservoir pour séduire les truites de bassine .Pour les truites sauvages , préférez des matières comme la peau de lapin , les plumes , de paon ou la peau d’anguille dans les teintes variant du vert bouteille au noir , seules les têtes pouvant s’offrir la coquetterie d’une bille en or .

La touche sur un streamer est souvent très brutale . Elle s’apparente à celle d’une attaque sur une cuiller , ce qui est normal puisque cuiller et streamer imitent tous deux un petit poisson que la truite engamera de la même façon .

La pêche à la mouche noyée ne permet pas de pêcher en profondeur . Elle s’adresse donc en priorité aux poissons actifs . Lors d’une éclosion et sur des postes peu profonds , cette technique peut s’avérer productive en début de saison . Mais avant tout , ce sont les postes et les conditions qui valident ce choix . Surtout , la mouche noyée peut être une technique complémentaire de la sèche lorsque l’éclosion n’a pas duré longtemps et qu’il s’agit d’en prolonger les effets .

Les cannes pour la pêche à la mouche noyée sont d’une longueur minimale de 9 pieds . Les modèles spécifiquement conçus pour cette technique affichent une longueur de 10 pieds . La canne doit permettre de ” conduire ” la dérive du train de mouches en aval du pêcheur en repositionnement la soie , en jouant avec les différentes veines de courant.  Une action parabolique est un plus pour éviter la casse à la touche ou les ratés , fort nombreux avec des cannes qui ne plient pas généreusement .

Les principaux poissons gobeurs à la pêche à la mouche

Truite

Le poisson du pêcheur à la mouche , celui pour lequel il fait beaucoup d’efforts , c’est la truite . C’est à se poisson que s’adresse en priorité la pêche à la mouche classique . Sa saison de pêche dure 6 mois , du deuxième samedi de mars à mi-septembre . La truite habite toutes les eaux pures , bien oxygénées et qui ont un courant rapide . Ce seront donc en priorité les rivières de montagne ou de moyenne montagne qui seront les plus riches en truites .

Ainsi les rivières des Alpes telles que la Dranses , le Fier , l’ Isère ou encore la Durance et la Bourne du Vervors et bien d’autres .

Dans les Pyrénées , nous pourront citer les Nives ( grande Nive et Nive de Baigorry ) , les gaves ( gave de Pau , gave d’Oloron ou encore le saison ou gave de Mauléon ) , les Nestes , la Pique , les belles rivières de l’Ariège comme le Garbet à l’eau merveilleusement claire , le Salat et ses grosses truites et la jolie Bouiguane .

Toutes les rivières du Massif central contiennent de la truite . Parmi les principales , vous trouverez l’Allier , la Loire , la Dordogne , la Vienne , l’ Allagnon , le Bès , la Truyère , le Chapeauroux , le Lignon , la Sioule .

La Bretagne possède une extraordinaire densité de très bonne rivière , d’autant plus que les Bretons on fait de gros effort d’entretien et de restauration , de leurs cours d’eau qui portent portent leurs fruits .

La Normandie et ses chalk-streams ( rivière de craie )  à grosses truites .

Enfin la Franche-Comté et ses célèbre rivières , telles la Loue , l’Ain et le Doubs .

Mais toutes les régions françaises possèdent des cours d’eau à truites en plus ou moins forte densité . Certains pays limitrophes comme la Suisse , la Belgique , avec les Ardennes , sont très riches en belles et bonnes rivières .

L’ombre commun est le poisson préféré des pêcheurs à la mouche parce qu’il ne passe pas une journée sans gober ; malheureusement rares sont les rivières en France qui en contiennent  . On peut citer la Vienne , la Dordogne , l’Ain , le Doubs , la Seine parmi les plus célèbres . Sur la Dordogne , on vient de toute la France pour ce beau poisson .

Une des particularités de sa pêche , c’est que , débutant à la mi-mai , elle reste ouverte jusqu’à la fin de l’année . Vous pouvez donc le pêcher quand il est présent en 2 ème catégorie jusqu’en décembre , c’est le cas justement de la Dordogne . Sa meilleure saison de pêche se situe de septembre à novembre et c’est un véritable plaisir de se trouver sur un des immenses plats de la Dordogne par une belle journée d’octobre . La rivière est superbe et les gros ombres mordeurs  . Sur la Vienne , vous ne pouvez le pêcher après la fermeture de la truite  qu’à l’aval du confluent avec la Maulde , autour de Saint-Léonard-de-Noblat . Les ombres y sont peut-être un peu plus petits que sur la Dordogne , mais ils y sont tout aussi mordeurs , si ce n’est plus .

Mais il n’y pas que les salmodidés à pouvoir être pris à la mouche , il y a aussi certains poissons blancs : chevesnes , vandoises et aubours , ablettes . Ce sont d’ailleurs probablement les premiers poissons que vous prendrez à la mouche . Non pas qu’ils soient plus faciles à attraper , au contraire même , ils sont généralement plus nombreux et mouchent sans arrêt à la belle saison . Leur pêche est une excellente école pour le pêcheur à la mouche , pour parfaire ses gestes , son posé , son ferrage . Et pour ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir pêcher l’ombre , ils permettent de prolonger la saison de la pêche à la mouche après la fermeture de 1 ère catégorie . Ils sont présents partout , mais il vaut mieux choisir les rivières de taille moyenne qui présentent des similitudes de courant et de profil avec les rivières à truites ,  des rivières alternant radiers et parties plus calmes , c’est là qu’ils seront le plus agréable à pêcher .

En grande rivière pour la pêche à la mouche

Toutes les truites d’une grande rivière ne s’alimentent pas en même temps . Surtout elles ne mangent pas forcément la même chose . Une première démarche sera de réfléchir aux parties de la rivière susceptibles de “produire” des larves et donc des éclosions , ainsi qu’aux endroits où le courant viendra ” déposer ” insectes mourants et mouches noyées . Dans la seconde , les amortis de courants , les “retournes” ( là ou le sens du flot s’inverse dans un grand mouvement circulaire ) , les bordures de courants et la périphérie des “pools”( élargissement de rivière suivant un courant rapide ).

Lorsque vous aurez identifié ces places , il vous faudra d’une part recenser tous les éléments de relief , blocs de pierre , herbiers , branches susceptibles de constituer un poste d’embuscade et tenter de voir si des poissons ne sont pas déjà en place , voire attablés … Il vous faudra alors poser votre mouche de telle façon qu’elle emprunte la trajectoire de n’importe quel insecte dérivant à la surface ou quittant le fond dans sa forme nymphale pour venir éclore en surface .

En petite rivière pour la pêche à la mouche 

La lecture y parait plus simple . Les postes sont mieux marqués et surtout moins nombreux . Les éclosions plus faciles à observer et le placement du poisson souvent sans surprise . Pourtant la pêche ne s’en trouve guère facilitée . Car en petites rivières , les truites vous voient mieux que vous ne les voyez . Il vous faudra donc soit les pêcher amont en mouche sèche ( ce qui n’est pas toujours possible ) , soit les approcher en rampant pour ne pas les faire fuir .

Les postes de la petite rivière diffèrent selon qu’il s’agit d’un cours d’eau rapide granitique ou volcanique , d’un torrent de montagne , d’un ruisseau forestier ou d’une rivière de plaine de type chalk stream ( type de rivières propres aux bassins calcaires et alimentées par des résurgences des sources et la nappe phréatique ). Dans le premier cas , il faudra se concentrer sur le tour des pierres , les mini-goulets par où s’écoule le flot et les bordures des vasques où le courant s’assagit . Dans le deuxième cas , on s’intéressera plutôt au passages entre les herbiers , aux coulées qui viennent lécher des rives souvent creuses et aux amortis sablo-limoneux où naissent les grandes éphémères .

En réservoir pour la pêche à la mouche

La pêche à la mouche en eaux closes obéit à des règles bien particulières qu’il vous faudra connaitre pour espérer séduire les poissons . La première de toutes est liée à la météo : plus il fera froid et plus les truites seront près du fond où il faudra donc aller les chercher au moyen de soies plongeantes et de mouches improbables imitant toutes sortes de bestioles vivant en eaux closes , comme des sangsues . En fait , la météo et surtout la température vont décider du placement des poissons dans l’une des trois couches d’eau ( surface , intermédiaire , profonde ) qui compose le biotope d’un plan d’eau  . La deuxième est que , dans un plan d’eau , à l’inverse d’une rivière , c’est le poisson qui bouge et pas l’eau . C’est du moins ce qu’une première approche nous commanderait de pense . Or ce n’est pas si simple : les mouvements d’eau y sont plus faibles et pas toujours perceptibles , mais ils existent bel et bien , notamment sous l’effet  du vent . Enfin en montagne , la combinaison des données climatiques et physiques va produire deux grands brassages annuels qui correspondent aux deux périodes de descente et de remontée brutale du thermomètre .

Le comportement des poissons sera donc très influencé par ces conditions particulières , que le vent rendra encore plus délicates à analyser ( en barque n’hésitez jamais à prospecter la frontière entre une zone de calme et une zone de vent : la risée y concentre larves et cadavres d’insectes que les truites n’ont plus qu’à aller cueillir ).

Les truites d’eaux closes sont presque toujours des truites d’élevage . Des bassins de la pisciculture elles ont gardé l’habitude de voyager en bandes et leurs randonnées les amèneront souvent sur les bordures du plan d’eau . Où il faudra bien sûr les attaquer avec précaution , la plupart de ces poissons ayant déjà été capturés plusieurs fois .

Finalement , pourquoi pêcher à la mouche ?

La pêche à la mouche est pour beaucoup la reine des pêches , et lorsque vous aurez fait vos premiers pas vous en serez vous aussi peut être convaincus.Vous verrez qu’elle vous procurera des joies que nul autre ne peut égaler . Plaisir de manipuler un matériel élégant , plaisir de pêcher léger  ; votre canne et votre gilet son prêts , alors vous pouvez partir à la pêche . Plaisir d’approcher le poisson , de le tromper et de le voir mordre .Plaisir de la lutte , car se battre avec un poisson sur une canne à mouche n’a rien a voir avec les autres pêches , tous les pêcheur à la mouche vous le diront .Plaisir de pêcher dans des cadre magnifiques , des rivières vivantes encore préservées . Et enfin , le plaisir de pouvoir rendre à la rivière , le poisson que vous venez de prendre dans les meilleures conditions possibles .

Et vous , que pensez-vous de la pêche à la mouche ? la pratiquez-vous ? vous allez commencer peut être ? Répondez moi dans les commentaires et partager cet article si il vous a plus 🙂 Bonne pêche .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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